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Solvabilité 2 : piliers, ratios et reporting pour piloter l’assurance

11 min

Solvabilité 2 : piliers, ratios et reporting pour piloter l’assurance

Solvabilité 2 structure depuis 2016 le régime prudentiel applicable aux entreprises d’assurance dans l’Union européenne. Comme le rappelle l’ACPR, ce cadre encadre la solvabilité des organismes d’assurance, tandis que l’EIOPA le présente comme une approche fondée sur les risques, destinée à protéger les assurés et bénéficiaires.

 

Son objectif est clair : mieux aligner le niveau de capital, la mesure des risques et la protection des assurés. Pour les assureurs, l’enjeu consiste à faire de ce cadre contraignant un outil de pilotage, au lieu de le réduire à la production d’un rapport annuel.

L’ensemble formé par les piliers Solvabilité 2, les ratios prudentiels, le SCR, le MCR, les fonds propres et le reporting réglementaire constitue un levier de pilotage à relier aux données, aux contrôles et à la gouvernance.

 

Cette logique s’inscrit dans une évolution réglementaire du secteur de l’assurance, où conformité, maîtrise des risques et transparence deviennent des enjeux continus pour les directions conformité, risques, actuariat et finance.

Comprendre Solvabilité 2 comme socle de confiance et de pilotage

Un cadre prudentiel européen centré sur les risques

Solvabilité II repose sur une logique prudentielle fondée sur les risques : plus l’exposition d’un assureur est importante, plus son niveau de capital doit être adapté. L’EIOPA présente ce cadre comme un régime associant exigences quantitatives, exigences qualitatives et reporting, afin d’apprécier la solvabilité des entreprises d’assurance et de réassurance.

Cette approche protège les assurés, mais elle conduit aussi les organismes à mieux relier leurs données métiers, leurs engagements, leurs provisions, leurs risques et leur gouvernance.

Elle s’inscrit dans une évolution réglementaire du secteur de l’assurance, marquée par la directive DDA, DORA et la révision européenne de Solvabilité II. Dans ce contexte, la conformité devient un sujet de pilotage continu, à court comme à moyen terme, dans un marché assurantiel plus exigeant.

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Une conformité continue, pas un exercice de fin d’année

Depuis sa mise en application, Solvabilité II ne peut plus être traitée comme un simple chantier de clôture. L’ACPR présente Solvabilité II autour de trois piliers :

  •       Les exigences quantitatives,
  •       Les exigences qualitatives
  •       La communication d’informations au public et au superviseur.

Ce troisième pilier implique notamment des informations annuelles et, pour certaines données quantitatives, des remises trimestrielles au format XBRL.

Dans ce contexte, la conformité réglementaire ne peut plus être traitée comme un simple chantier de clôture. Elle repose sur des données fiables, historisées et cohérentes tout au long de l’année.

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 Ciriselsa est une gamme de solutions de gestion pour l’assurance IARD, vie et santé. Ces solutions couvrent des fonctions liées aux contrats, aux sinistres ou prestations, à la comptabilité, aux API, aux tableaux de bord et aux extractions, utiles pour structurer les informations métiers nécessaires au pilotage prudentiel.

Les trois piliers de Solvabilité 2 : de la donnée au contrôle opérationnel

Pilier 1 : SCR, MCR et fonds propres

Le Pilier 1 regroupe les exigences quantitatives de Solvabilité II :

  •       Valorisation des actifs, des passifs et lecture du bilan prudentiel,  
  •       Exigences de capital et modalités technique de calcul,
  •       Le MCR, ou minimum de capital requis,
  •       Le SCR, capital de solvabilité requis.

Le SCR peut être calculé à partir de la formule standard prévue par les textes européens, ou au moyen d’un modèle interne complet ou partiel. Cette exigence quantitative dépend fortement de la qualité des données utilisées en amont : contrats, primes, sinistres, provisions, flux comptables ou éléments de réassurance doivent être structurés, cohérents et exploitables.

Dans cette logique, un logiciel d’assurance IARD comme Ciriselsa peut contribuer à organiser les données métiers nécessaires aux analyses actuarielles et financières.

 

Pilier 2 : gouvernance, gestion des risques et ORSA

Le Pilier 2 couvre les exigences qualitatives de Solvabilité II :

  •       Règles de gouvernance,
  •       Gestion des risques,
  •       Évaluation propre des risques et de la solvabilité, ou ORSA.

L’ACPR présente ce pilier comme le volet qui encadre l’organisation interne, le contrôle et la capacité de l’assureur à piloter ses risques.

Dans la pratique, l’assureur doit pouvoir documenter ses contrôles, expliquer ses décisions et démontrer la cohérence entre sa stratégie, sa politique de risques, son appétence au risque et son niveau de capital.

Cette logique suppose aussi un programme de contrôles documentés, une piste d’audit exploitable et, lorsque nécessaire, la formation des équipes concernées. Elle rejoint aussi des sujets comme le devoir de conseil en assurance, où la conservation des informations client et des recommandations contribue à sécuriser la relation assurantielle.

 

Pilier 3 : reporting, transparence et supervision

Le Pilier 3 concerne la communication d’informations au public et aux autorités de contrôle. L’ACPR précise que ce volet vise à harmoniser, au niveau européen, les informations publiées par les organismes d’assurance et celles transmises aux superviseurs.

Les QRT assurance, le SFCR et le RSR font partie des supports structurants de cette exigence de transparence.

Les QRT organisent les données quantitatives, au niveau solo comme au niveau groupe, notamment pour les organismes ayant une dimension internationale.

Le SFCR rend compte de l’état de la solvabilité et de la situation financière auprès du public, tandis que le RSR s’adresse au superviseur.

 

Interpréter les ratios prudentiels : passer du reporting au pilotage

Qu’est-ce que le ratio de solvabilité Solvabilité 2 ?

Le ratio de solvabilité correspond généralement au taux de couverture du SCR par les fonds propres éligibles. L’ACPR parle de taux de couverture du Capital de Solvabilité Requis et ses variations.

Ce ratio ne doit pas être lu comme un simple indicateur réglementaire. Il peut aussi éclairer la direction générale, les équipes risques, les directions financières et les parties prenantes sur la capacité de l’assureur à absorber des chocs au regard de son profil de risques, y compris en période de crise ou de forte volatilité.

 

Comment se calcule le ratio de solvabilité ?

Le ratio de solvabilité se lit généralement comme le rapport entre les fonds propres éligibles et le SCR, multiplié par 100 (exprimé en pourcent) :

Fonds propres éligibles / SCR x 100.

Dans ses publications sur les organismes soumis à Solvabilité II, l’ACPR analyse ce taux de couverture du capital de solvabilité requis pour apprécier la situation prudentielle des assureurs.

Son interprétation ne se limite pas au niveau de capital. Elle doit aussi tenir compte de la qualité des fonds propres, du MCR, de la structure du portefeuille, des engagements, des provisions et des risques pris en compte dans les calculs prudentiels.

 

Comment interpréter un ratio de solvabilité ?

Un ratio de solvabilité conforme à l’exigence réglementaire ne suffit pas toujours à conclure qu’un assureur dispose d’une marge durablement confortable. Sa mesure doit être lu dans le temps, en tenant compte de sa trajectoire, de sa volatilité, de la qualité des fonds propres, de la nature des risques et des scénarios ORSA. L’ACPR rappelle que Solvabilité II repose sur une approche globale combinant exigences quantitatives, gouvernance et gestion des risques.

Il faut aussi distinguer solvabilité et liquidité :

La solvabilité renvoie à la capacité de l’assureur à faire face à ses engagements au regard de ses risques et de son capital prudentiel.

La liquidité concerne plutôt sa capacité à mobiliser des actifs pour honorer des sorties de trésorerie.

Cette distinction évite de réduire l’analyse prudentielle à un seul indicateur.

Reporting Solvabilité 2 : gagner en agilité réglementaire

QRT, SFCR et RSR : trois niveaux d’information à maîtriser

  •     Les QRT structurent les données quantitatives transmises au superviseur, selon les modèles publiés par l’EIOPA.
  •       Le SFCR présente la solvabilité et la situation financière auprès du public.
  •       Le RSR est remis au superviseur.

 

Pour les équipes, l’enjeu opérationnel porte aussi sur la préparation du reporting réglementaire :

  •       Extractions,
  •       Retraitements,
  •       Rapprochements,
  •       Consultation interne des données,
  •       Revue des écarts,
  •       Contrôles et documentation.

Cette chaîne de production conditionne la qualité du dialogue avec le superviseur, en particulier lorsqu’une réforme, un changement ou une modification réglementaire impose d’adapter les processus.

 

Des données traçables pour dialoguer avec l’ACPR

Un reporting prudentiel robuste repose sur des données fiables, historisées, contrôlables et reliées aux systèmes sources. À ce titre, la résilience opérationnelle numérique devient un sujet connexe : les systèmes qui produisent, sécurisent, mettent à jour et transmettent les données doivent être maîtrisés pour limiter les ruptures, les erreurs et les pertes de traçabilité.

Côté système de gestion, Ciriselsa est une gamme de logiciels couvrant différents cycles métiers de l’assurance IARD, vie et santé. Ces solutions peuvent intégrer des fonctions liées aux contrats, aux sinistres ou prestations, aux API, aux extractions, aux tableaux de bord et à la taxonomie interne des données.

Ces éléments peuvent contribuer à structurer les données utiles aux analyses, contrôles et reportings, à condition que les paramétrages, validations réglementaires et contrôles internes soient clairement définis.

 

À retenir :

 

Solvabilité 2 n’est pas seulement une obligation réglementaire. C’est aussi un cadre de pilotage qui relie capital de solvabilité requis, fonds propres, gestion des risques, gouvernance, qualité des données et transparence.

 

Pour un assureur, Ciriselsa permet de passer d’une logique de compilation à une logique de maîtrise continue : données fiables, historisées et contrôlables, contrôles documentés, indicateurs suivis mois après mois et responsabilités clairement définies au sein de l’activité d’assurance.

Conclusion : 
La conformité prudentielle ne se limite pas aux ratios de Solvabilité 2. Elle s’inscrit dans un environnement plus large, où DDA, DORA, LCB-FT, protection client, cybersécurité et transparence renforcent les exigences de maîtrise des risques pour les acteurs professionnels de l’assurance.

 

Une gouvernance solide des ratios prudentiels gagne donc à être articulée avec d’autres dispositifs, comme la conformité LCB-FT en assurance, qui repose elle aussi sur la connaissance client, la classification des risques, les contrôles et la traçabilité.

Pour aller plus loin, les services et solutions Orisha Insurance peuvent aider les acteurs de l’assurance vie, santé et IARD à structurer leurs données métiers, leurs processus de gestion et leurs outils de pilotage, dans une logique de conformité continue et documentée.